Marguerite Ida and Helena Annabel Opera

François Ribac and Eva Schwabe

1993

No Man’s Land Records

Publié en juillet 1993

No Man’s Land Records

Marguerite Ida & Helena Annabel (MIHAO) – une adaption de « Doctor Faustus Lights the Lights » de Gertrude Stein – est le premier opéra de François Ribac et Eva Schwabe. Créé d’abord en 1990 lors du Festival Harlekin Art à Metz (France) puis, dans une nouvelle mise en scène et en version française au Forum Culturel du Blanc-Mesnil (France) en 2000.

Enregistré en août 1992 au studio Mesa à Soignolles, France. Mixé par François Ribac et Charles Froissard. CD publié par No Man’s Land Records et publié en 1993. Conception graphique par Patrick Mario Bernard.

Musique et programmations : François Ribac
Voix : Eva Schwabe
Livret : Eva Schwabe et Didier Doumergue
Texte : Gertrude Stein

Presse

Le Monde de la Musique

Décembre 1993 – Rubrique disques

Marguerite Ida Helena Annabel

Eva Schwabe (voix) , François Ribac (claviers)
1 CD No Man’s Land NML 9319 (distribué par Orkhestra)
Enregistré en 1992- Minutage : 57 ‘
ADD -Technique : 8

Excellent compositeur de musiques de scènes, Ribac prouve avec ce premier opéra de chambre qu’il est aussi l’un des musiciens les plus originaux et les plus prometteurs de sa génération. Reprenant le thème du double- Faust/Mephisto- présent dans l’ultime ouvrage de Gertrude Stein, Ida (écrit en France en 1940), le musicien conçoit un opéra pour personnage unique où la voix alterne texte parlé et chant. À l’image de Weill, Eisler, Berio, Rota, Ashley, Ribac puise son inspiration dans les musiques populaires, le folklore d’Europe centrale, le jazz, qu’il mêle à des formes anciennes -récitatif, cantilène ou fugue…

« La beauté phonétique du texte, le retour perpétuel à des mêmes thèmes » permettent au musicien de varier sa palette stylistique et la cohésion de son matériau musical. Les numéros s’enchaînent, multipliant les mélodies entêtantes hantées par le verbe steinien.
Marguerite Ida Helena Annabel est lié à la personnalité extraordinaire d’Eva Schwabe, qui trouve immanquablement le ton juste.. et manie les langues en virtuose ! Sa performance était encore plus impressionnante lors des représentations parisiennes de l’opéra au Théâtre du Roseau en mai 1992, où l’interprète changeait elle-même le décor ! François Ribac utilise avec une science infinie les ressources du clavier électronique -notamment pour imiter les instruments dont il n’a pu disposer. On souhaiterait maintenant entendre cet opéra dans sa version (elle existe !) pour instruments traditionnels.

Franck Mallet

Opéra International

Mars 1994 – Rubrique disques

Marguerite Ida et Helena Annabel

1 CD No Man’s Land NML 9319

Bob Wilson avait monté en Allemagne, puis à Gennevilliers chez Bernard Sobel le même texte de Gertrude Stein Dr Faustus Lights the Lights. La partition musicale de François Ribac, au sujet de laquelle aucune information n’est fournie dans ce disque, hormis le numéro de tel du compositeur (sic !) nous parvient comme un OVNI, constitué par un fort séduisant mélange de musiques répétitives et d’imitations à peines dissimulées des meilleures inspirations de Kurt Weill, au cours de son existence berlinoise. L’acordéon y cotoie l’électro-acoustique dans un essouflant et lancinant mouvement perpétuel où s’égrènent les prénoms de Marguerite, Ida, Helena et Annabe. Au pire, nous nous retrouvons dans des cartoons, au mieux dans une adaptation on ne peut plus libre du mythe de Faust. Des chœurs interviennent tandis que la multi-vocale Eva Schwabe singe le Dr Faustus en se pinçant le nez? Elle le nargue. Du rythme syncopé, au mélange de l’anglais et de l’allemand, en passant par la fusion des technologies actuelles mises au service de l’ambiance de cabaret germano-américain des années 20/30. Le jeu sur les mots répétés ou non se rajoute comme un tic sémantique que nous aurions repris à des auteurs prophétiques comme Gertrude Stein, déjà inspiratrice de Virgil Thompson.

Ludique à gogo, montage d’instruments, mixage de sonorités de téléphone, bruitages trés affinés, cette œuvre, ce disque sont ausi mystérieux que plein d’un charme (inégalement diffusé) qui ne vous quittent guère. Même si l’on pressent que l’auteur est aussi épigone qu’original? Un CD roué, insolite, à offrir, pour surprendre !

Claude Glayman