Marguerite Ida and Helena Annabel Opera

Photos Guy Vivien

Écouter le disque MIHAO  Musea/Gazul 2017

Marguerite Ida and Helena Annabel Opera

Création en avril 2000 au Forum Culturel du Blanc-Mesnil
D’après Doctor Faustus Lights the Lights de Gertrude Stein
Un opéra pour voix soliste et orchestre de chambre

Argument
C’est en 1938 que Gertrude Stein écrivit Doctor Faustus Lights the Ligths, un livret d’opéra qu’elle destinait au compositeur américain Virgil Thomson. Déprimé par la guerre qui éclata en 1939, le compositeur négligea le livret et la partition ne vit jamais le jour. Néanmoins, ce texte fut adapté pour le théâtre par de nombreuses troupes et metteurs en scène à partir des années 60 et notamment par le Living Theater dont ce fût la première production.

Il semble peu probable que Doctor Faustus Lights the Lights ait été pour Stein l’occasion de dialoguer avec Goethe et de traiter le rapport entre le mal et la connaissance. Stein connaissait surtout le mythe faustien grâce à l’opéra de Gounod qu’elle avait découvert lorsqu’elle était enfant. L’imagerie un peu désuète du diable est d’ailleurs perceptible dans la façon dont Faust (toujours accompagné d’un chien qui dit “ thank you ”) et Mephisto sont représentés.

En fait, Gertrude Stein s’est surtout intéressée au personnage féminin du mythe faustien et pour cela elle a inventé une héroïne aux quatre prénoms : Marguerite Ida et Helena Annabel. La construction de son identité et les rapports qu’elle entretient avec les autres personnages sont les enjeux centraux du livret. Dans l’opéra, tous les gens parlent de l’héroïne (le public, des admirateurs anonymes, des commères etc…) et font d’elle une star moderne, une sainte, un personnage que tous admirent et dont la grâce irradie.

L’autre sujet majeur de l’opéra est la lumière : Gertrude Stein a vécu à Paris et elle a écrit Doctor Faustus Lights the Lights en 1938 soit un an après l’Exposition Universelle de 1937 qui vit le triomphe du pavillon de l’électricité et la confection par le peintre Dufy de la gigantesque fresque La Fée Electricité… Dans son livret, Faust manipule les lumières et acquiert des pouvoirs grâce à l’électricité. Le parallèle est évident et c’est pourquoi Marie Claire Pasquier, spécialiste de l’œuvre de Stein, a intitulé sa traduction Faust ou la fête électrique.

Nous avions déjà monté cet opéra en 1991 avec le metteur en scène Didier Doumergue (par ailleurs co-auteur du livret), lors du festival Harlekin Art à Metz.

Équipe

Musique, mise en scène : François Ribac
Livret : Eva Schwabe, Didier Doumergue
Adaptation française : Marie-Claire Pasquier
Assistant à la mise en scène : François Prodromides
Lumières : François Ribac et Chaker Mahjoub
Costumes : Christelle Morin
Réalisation des décors : Philippe Barbier

Chant : Eva Schwabe
Comédien : Lyazid Khimoum

Son : Charles Frossard
Régie lumière : Chaker Majhoub, Valérie Allouche
Régie plateau : Philippe Barbier, Patrick Laroche-Lardont
Chargée de diffusion : Sophie Perrimond
Attachée de presse : Anne Gueudré
Administration : Laurence Baldy

Bande musicale enregistrée et mixée au Studio Mesa par Charles Frossard et François Ribac
Flutes : Sylvaine Candille
Clarinettes : Francis Touchard
Saxophones : Frédéric Saumagne
Trompettes : Yann Martin
Accordéon : Pascal Pallisco
Voix additionnelles : Eva Schwabe
Basse, guitares et samplers : François Ribac

Production

Compagnie Ribac/ Schwabe, Forum Culturel du Blanc Mesnil, Centre des Bords de Marne, Fonds de Création Lyrique. Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France/Ministère de la Culture, du Conseil général de Seine-Saint-Denis et de l’ADAMI.

Extraits du spectacle MIHAO (2000)

Camera : Jean Hermann

Son : Charles Frossard

Conformation : Philippe Dayan

Réalisation : François Ribadeau

Presse

La Terrasse, avril 2000

Les quatre visages d’Eva Schwabe

Le compositeur François Ribac met en scène la version française de son opéra de chambre Marguerite Ida & Helena Annabel d’après un texte de Gertrude Stein. Sa complice et interprète Eva Schwabe se plie en quatre pour donner vie et voix à ces quatre femmes qui n’en font qu’une.

Elle chante, il compose, elle signe le livret, il met en scène. Elle, c’est Eva Schwabe, lui, c’est François Ribac ; les deux composantes de la Compagnie Ribac/Schwabe qui nous a déjà offert de nombreuses vraies réussites dans le domaine de l’opéra contemporain et du théâtre musical. Leur nouvelle aventure constitue la matérialisation d’une partition réalisée en 1993 (le disque est disponible sur le label No Man’s Land) sur un texte de Gertrude Stein. C’est en 1938 que Gertrude Stein écrit le livret d’opéra Doctor Faustus Lights the Lights destiné à Virgil Thompson. Mais le compositeur américain, trop déprimé par la guerre, renonce à cette nouvelle collaboration, malgré le succès de deux ouvrages écrits en commun peu avant. Plus de soixante ans après, François Ribac a récupéré ce texte (entre temps plusieurs fois monté au théâtre) pour en tirer un opéra de chambre bien dans sa manière éclectique, ludique et électrique. L’ouvrage est entièrement centré sur la personnalité multi-facettes de son héroïne aux quatre prénoms « Marguerite est le prénom de Gretchen, la promise de Faust, Stein affectionnait Ida, ce prénom est le titre d’un de ses romans, Helena semble être la prisonnière de Troie présente dans le deuxième Faust de Goethe, Annabel peut-être pour rimer avec “very well”… Cette addition des prénoms est l’objet d’une célébration insistante et quasi apolistique, cette diversité est le thème même du spectacle ».

Unique interprète de Marguerite Ida & Helena Annabel, Eva Schwabe incarne non seulement ces quatre personnages de femmes qui ne font qu’un et se multiplient mais aussi le Docteur Faust et son chien qui parle et dit : « thank you », Mephisto et ses acolytes, la vipère qui pique, la paysanne et les commères de la ville… Cette exceptionnelle performance de chanteuse-comédienne lui impose, en outre, de traverser au fil des quatre actes tous les paysages sonores de François Ribac : orchestre classique “cordes et bois”, fanfare jazzy, guitare et accordéon puis enfin rock et synthétiseurs. « La voix est au centre de ma réflexion et de mon travail depuis le début, reconnaît Ribac. Pour quelqu’un comme moi qui a une culture rock, une culture jazz, le fait de faire des productions opératiques n’est pas un hasard. Je crois qu’il y a une relation étroite entre le rock, le jazz et la musique vocale ».

Les 18, 19 et 20 avril à 20h30, le 21 à 19h au Forum Culturel du Blanc-Mesnil (93).
Tel 01 48 14 22 22. Places : 100 F

Jean Lukas

Le Monde, 20 avril 2000

M. I. H. A. O

Inspiré d’un texte de Gertrude Stein, Doctor Faustus lights the lights, l’opéra de chambre M. I. H. A. O, soit Marguerite Ida et Helena Annabel Opéra, est une oeuvre pour soliste et musique enregistrée du compositeur et bassiste François Ribac et de la chanteuse comédienne Eva Schwabe. Leur compagnie, en résidence au Forum culturel du Blanc-Mesnil (Le Monde du 23 avril 1999), y présente cette héroïne à quatre prénoms qui demande l’aide du docteur Faust et devra affronter Méphisto dans un spectacle où la musique, le texte (le livret est d’Eva Schwabe et Didier Doumergue), le travail sur les lumières, l’image sont intimement reliés. Une nouvelle occasion de découvrir l’univers musical complet et inventif de Ribac.

Sylvain Siclier

Forum culturel du Blanc-Mesnil, 1-5, place de la Libération (93). Mo Bobgny-Pablo-Picasso + navette. Les 19 et 20, 20 h 30 ; le 21, 19 heures. Tél. : 01-48-14-22-22. De 35 F à 100 F.

Extraits de la presse allemande (1993/1994)

Marguerite Ida Helena Annabel CD

TIP Berlin
Die Sängerin und Schauspielerin Eva Schwabe ist Marguerite Ida und Helen Annabel, aber auch Mephisto und Doctor Faustus, mal heftig auftrumpfendeLiebende, mal fragende Ruferin in der von Vipern bevölkerten menschlichen Wüste. …Die stimmungsvolle « Marguerite Ida & Helena Annabel Opera « erinnert an Brecht-Weill-Werke – melancholisches Vokaltheater.
Anna-Bianca Krause

Indigo Notes
Herausgekommen ist dabei eine faszinierende Collage aus Sprechgesängen, vieldeutigen und vielschichtigen Musiken. Ribac spielt mit Elementen der modernen Klassik ebenso wie mit jazzigen Einflüssen, er setzt eine ganze Palette von Stilmitteln ein … und über allem steht, schwebt, kichert, leidet, rührt uns die ausgesprochen wandelbare Stimme der großartigen Eva Schwabe.
Wolfgang Klebe

Frankfurter Rundschau
Uneindeutigkeit ist Konzept, das Stück eine Collage. Die scheinbar einfach gebauten Verse im englischen Originaltext, die mit Verdoppelungen und Umkehrungen spielen, sind wohlklingende Sentenzen, deren Rhythmus die Schauspielerin hervorragend herausarbeitet. Unterstützt von der jazzigen oder klassischen, oft schwebenden Musik Ribac’s. Zwischendurch rezitiert sie im Sprechgesang, um bald wieder zu arienhaften Passagen zurückzukehren.
Dirk Fuhrig

Saarlouiser Rundschau
Klar konturierte Motive fordern diffizile Stimmungen und rasante Passagen zum Duell, wobei der spielerisch lyrischen Phantasie keine Grenzen gesetzt sind. Konventionelle Normen sprengend wächst so ein überaus ambitioniertes Werk, das den Intellekt fordert.
Rainer Guerich