Compagnie Ribac-Schwabe

Ouest France, 8 Juillet 2004

Festival les Tombées de la Nuit

Le Petit traité pop du jardin botanique est à mettre dans le bouquet de tête des Tombées de la Nuit. Quelque chose entre le concert et le spectacle, entre la pop anglaise et une série de tableaux précieux. Même le nez prend du plaisir.
Une petite cabane de jardin, des bosquets taillés à la française, un bassin propret... Le décor du Petit traité pop pourrait accuellier un Marivaux sans faire rougir les fleurs qui le parsèment. Mais ce sont bien des musiciens qui entrent en scène. En salopette du jardinage, soit, mais des musiciens. D’ailleurs, quand ils lâchent leur sécateurs et leur pulvérisateurs, ils sont même très bons pour servir des pop songs bien troussées, voire énervées version “green-core” (évidemment!)

C’est velvetien (tendance Underground) dans la musique et wilsonien (de chez Bob) dans l’esthétique. Esthétique qui n’est jamais oubliée. La preuve, la batterie, instrument si disgracieux dans un jardin, est enfermée dans la cabane est retransmise via une télé dans les hortensias. Une télé où soudainement apparait Bowie pour le clin d’oeil. À l’inverse, les arrosoirs sont bien visibles. Ils deviennent même batterie sous l’emprise du batteur. D’ailleurs, tout fini par se transformer puisque le bassin lui-même devient une platine à vinyle et la tondeuse a gazon une guitare saturée.

Tout cela n’est pas très clair ? Peu importe. Il faut le voir pour le croire. Et même le sentir puisque toutes ces plantes finissent par nous chatouiller les nasaux. Sans oublier les plaisir des oreilles. Et ce n’est pas un détail avec des chanteurs comme Cathal Coughlan et Eva Schwabe, des musiciens comme François Ribac, Rémy Chatton, Bruno Desmouillières et Laurent Hestin. Tout cela est frais comme un parc après l’ondée, drôle comme un déjeuner sur l’herbe entre amis et doux comme une belle chanson pop.

Gilles Kerdreux